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i le vote en ligne politique est attractif pour le confort
qu'il apporte, sans obligation de déplacement au
bureau de vote, doit-on pour autant confondre vote pratique
et pratique du vote ? Ainsi, l'e-prêt à voter
pourra t-il suffisamment reproduire et respecter les conditions
et choix du mode électoral traditionnel dans l'isoloir,
à l'abri de toute influence ou de toute autre manipulation
possible ? En fait, sera t-il toujours majoritairement l'expression
d'un acte -sujet- : voter ?
"
Voter, c'est choisir ! Mais ce n'est pas toujours un choix
facile, et encore moins définitivement posé.
Selon les résultats d'une récente enquête
sur cette question, 1/3 des électeurs se décident
pour tel ou tel candidat, le dernier jour, voire au dernier
moment. Ils arrivent avec une sorte d'hésitation
qu'ils croient parfois insoluble, et jusque dans l'isoloir.
Et c'est en ce sens que le vote blanc est une option, une
alternative importante et intéressante ", soulève
Dominique
Reynié.
" Or, à mes yeux, l'autre question essentielle,
à mes yeux, soulevée par le vote électronique,
c'est celle du vote blanc, précisément. Une
expression qui n'est toujours pas reconnue dans le code
électoral français. L'e-vote prendra t-il
enfin en considération le vote blanc ? Existera t-il
un bouton ou une option vote blanc ? Ou, au pire, la technologie
sera t-elle un prétexte invoqué pour retirer
cette possibilité, au risque d'augmenter l'abstention
des électeurs. Or, l'électeur qui vote blanc,
respecte assurément la procédure du vote :
l'électeur s'est déplacé et a tout
à fait accompli son devoir civique. Le vote blanc,
c'est une abstention, mais c'est une abstention digne. "
Des risques réels avec des isoloirs virtuels
" Certes, l'isoloir peut paraître archaïque
pour certains, - il a été introduit en France
en 1913- mais il demeure un espace-clé dans l'acte
de voter. La confidentialité et le libre-choix, en
quelque sorte, y sont encore garantis, et c'est en cela
que l'isoloir est très symbolique, au sens même
de la vox populi. Il est un espace privé dans un
espace public. Le vote en ligne n'est pas suffisamment autarcique
: quel est le cheminement du vote ? Et le secret du vote
existe t-il encore, lorsqu'il est accompli en ligne, que
l'on soit chez soi ou dans un tout autre lieu ? ",
souligne Dominique Reynié.
" Si dans le mode électoral traditionnel, la
seule possibilité en cas d'absence est de recourir
au vote
par procuration, qu'en sera t-il dans le cas du vote
en ligne, que l'on peut qualifier comme un vote par correspondance
? Qu'en sera t-il, en fait, de la sincérité
du vote ? N'est-ce pas le retour au vote sous influence
ou au pire, exposé aux manipulations diverses, sous
la menace, les pressions
N'est-ce pas la porte ouverte
à la corruption de l'expression du vote ? C'est pourquoi
le vote en ligne rencontre bien des résistances,
au-delà de la question de fiabilité et de
sécurisation du scrutin en ligne. L'urne électronique
mobile ou valise électronique, en présence
d'un agent électoral, semble être un procédé
plus fiable et beaucoup plus démocratique
"
mais de réels espoirs pour l'e-démocratie
!
" Le procédé de l'e-vote entraîne
cependant des usages intéressants : les pratiques
référendaires ou consultatives. L'échelle
locale peut tout à fait en bénéficier
et participer ainsi à un renouveau de la communication
élus / administrés via l'interactivité.
Mais aussi l'échelle planétaire, où
le rapport de forces peut être différemment
vécu avec la mise en place d'un e-parlement mondial,
démocratique dans les règles, où chacun
d'entre nous pourrait s'exprimer sur des questions primordiales
concernant l'avenir de notre planète ou de nos sociétés.
Des questions telles que la bioéthique, le dumping
législatif ou éthique, notamment. Cela induirait
un autre rapport de forces et d'autres usages de ce que
l'on pourrait baptiser la fameuse e-démocratie, laquelle
renvoie au mythe de la démocratie directe, un mythe
qui ressurgit toujours et auquel Internet redonne une certaine
vigueur, en quelque sorte. Dans ce cadre, le vote électronique
en ligne a véritablement un intérêt,
et ce serait enfin une autre voie pour la voix de la jeunesse.
"
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