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rientées
au départ sur l'amélioration à distance
des secours et des soins aux personnes éloignées
ou isolées, les applications de la télémédecine
ont progressivement évolué vers la transmission
d'images fixes et d'images animées, vers la consultation
et la formation entre les acteurs professionnels de la santé.
Des applications qui pourraient être davantage accélérées
avec le support et les outils internet, mais qui se heurtent
encore à la question de la sécurisation des
échanges et donc à la question médico-légale
et déontologique. Pour en savoir plus, Internet Quotidien
a consulté le Professeur Louis Lareng, l'un des pionniers
de la télémédecine en France, également
président de la Société Européenne
de la Télémédecine.
Induite et développée par les nouvelles technologies
de l'information et de la communication, la télémédecine
peut se définir comme la pratique médicale
à distance. Elle s'illustre notamment par des consultations
par visioconférence, des télédiagnostics,
des interprétations d'images à distance ou
encore des échanges de données sur les patients.
" Déjà exercée avant les années
1970, la télémédecine a vraiment pris
ses lettres de noblesse dès que l'on a commencé
à transmettre des données médicales.
Elle génère en fait de nombreuses applications
: organisation de différents types de réunions
-interservices, mais aussi multisites dans le cadre de la
formation continue-ou encore prévention en éducation
sanitaire ; elle occasionne également bien des échanges
dans le domaine de la recherche ", révèle
le Professeur
Louis Lareng, président de la Société
Européenne de la Télémédecine,
Directeur de l'Institut Européen de TéléMédecine,
Chef de Service du CHU
Hôtel Dieu Saint-Tropez Jacques de Toulouse, mais
aussi père fondateur des SAMU.
Des
pratiques médicales en réseau
" Multidisciplinaire, la télémédecine
fait intervenir effectivement plusieurs
spécialités à la fois et initie
donc un réel partenariat en matière de soins.
Elle permet surtout de surveiller le patient à distance,
afin que celui-ci ne soit pas obligé de changer d'établissement
de soins. La télémédecine s'appuie
et s'illustre non seulement par des réseaux de spécialistes,
mais aussi par la mise en réseau des établissements
et des filières de soins par pathologie. Elle révolutionne
quelque peu la pratique traditionnelle des soins et instaure
une véritable complémentarité des moyens
et des compétences, contribuant à terme à
améliorer la qualité du geste médical.
Elle s'appuie donc sur l'utilisation de moyens et de techniques
de communication, désormais plus performants et plus
accessibles en matière de coût et qui ne peuvent
qu'accélérer son développement. Elle
est ainsi la résultante d'une organisation tripartite,
constituée par les administrations, les professionnels
de la santé et les opérateurs techniques,
une organisation tripartite qui doit nécessairement
rester équilibrée dans ses rapports",
souligne le Pr L. Lareng.
pas encore suffisamment sécurisées sur le
Net
" La télémédecine sur la Toile
n'est pas encore réellement possible, en raison du
manque de sécurité du réseau, notamment
dans le cadre de la transmission de données médicales.
Des données qui sont sensibles, par nature, car elles
concernent personnellement des patients. Le secret médical
ne peut être véritablement garanti et surtout
protégé, d'autant plus avec le phénomène
très présent, aujourd'hui, de la cybercriminalité.
Or, il faut veiller à la protection du patient ",
constate le Pr L. Lareng.
" Certes, les potentialités d'exploitation du
Web sont largement à considérer. Mais toute
la problématique matérielle et technique est
loin encore d'être résolue. Les données
transmises en télémédecine nécessitent
un système de télécommunications avancé.
Or, le haut débit, jusqu'à présent,
n'est pas encore suffisamment généralisé.
"
La
Télémédecine demain ...
" La télémédecine évolue
considérablement. De nombreux aspects inhérents
à sa pratique ont été passablement
résolus, qu'il s'agisse globalement de sa technologie
ou qu'il s'agisse du coût des télécommunications.
Il reste encore des efforts à accomplir, certes,
surtout en matière d'organisation, de logistique
et d'équipement de sites de soins, quels qu'ils soient.
Mais dans la pratique médicale, le plus important,
à mes yeux, c'est le respect de l'éthique
et de la déontologie médicale. Face à
la croissance des sites internet de santé, ici et
ailleurs, -qui risquent de modifier les relations entre
patients et professionnels de la santé-, il faudrait
créer, et contribuer à créer, des chartes
internationales, sur la base du code de la déontologie
médicale. Tout en veillant à resituer l'homme
en tant que citoyen, avec des droits, et non en tant que
simple consommateur
de santé, en l'occurrence.
La santé n'est pas un produit, et la médecine,
non plus ", précise le Pr L. Lareng.
" En matière de télémédecine,
il reste encore des étapes à franchir : notamment
la reconnaître comme un acte médical, l'apprécier
en tant que tel et pouvoir le rémunérer aussi.
Aujourd'hui, toutes les spécialités ont recours
à la télémédecine."
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