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L'univers du charme : 4/5 Le Net à la dérive
Dossier Internet Quotidien #289
par Manuel Rulier/Webreport.fr

atalement, le sexe sur le Net n'est pas toujours irréprochable. La limite n'est pas toujours évidente entre teen pics et clichés pédophiles ! Depuis longtemps déjà, certaines associations se battent pour éradiquer, de la toile, ces sites obscurs où se cachent les vices les plus répréhensibles… Mais la partie est loin d'être gagnée : tous les pays n'ont pas encore conscience de la gravité du phénomène et le net représente un marché si important pour certains qu'ils préfèrent fermer les yeux sur ces pratiques hors la loi et minimiser la gravité de ces dérives pour ne pas effrayer la clientèle.

Vide juridique ?
On accuse souvent le net de souffrir d'un vide juridique qui permet tous les débordements. Ce n'est pas vrai. La loi condamne tous les acteurs de la production jusqu'à la consommation d'images pornographiques mettant en scène des enfants.
Tous les maillons de la chaîne incriminée sont donc susceptibles de se retrouver sur le banc des accusés. Sachez que si un fichier contenant des clichés compromettant est retrouvé dans votre disque dur, vous êtes coupable au même titre que le photographe qui a pris ces clichés ! Et la mémoire "cache" est souvent la preuve pour la justice d'un téléchargement d'images pédophiles...même si les fichiers ont été supprimés. C'est plutôt au niveau du vocabulaire utilisé dans ce texte de loi que le bât peut blesser.
En effet, si les autorités françaises par exemple, découvraient un site pédophile hébergé en Russie ou au Japon, il leur serait difficile d'en condamner les créateurs. D'une part, la limite d'âge à partir de laquelle on juge qu'un individu est encore un "enfant" n'est pas la même dans ces pays que chez nous. D'autre part, il est impossible d'arrêter des webmasters étrangers si la loi de leurs pays n'est pas identique à celle en vigueur dans le pays qui les accuse de pédophilie.
On comprend mieux alors pourquoi la plupart des sites à caractères pédophiles sont hébergés chez les Russes ou les Japonais. Non plus des paradis fiscaux mais des paradis légaux !

Traqueurs traqués
Puisque l'Etat est une machine bien trop apathique pour prendre des décisions rapides et efficaces, l'initiative est prise par les associations. Le MAPI (Mouvement Anti-Pédophilie sur Internet) a été créé début septembre 1996, par des universitaires belges suite à l'émotion suscitée par l'affaire Dutroux. "Il fallait réagir au plus vite car la menace d'une prolifération des sites pédophiles était pour nous une évidence. Les acteurs économiques du net ont tout intérêt à le déclarer sûr. C'est encore la loi du marché qui règne" analyse Béatrice Van Bastelaer, co-responsable de l'association.
"Nous aurions souhaité traquer les pédophiles nous-mêmes, poursuit-elle, mais la loi nous l'interdit et ça, peu de gens le savent. Nous recevons toujours plus de messages d'internautes qui cherchaient délibérément du matériel pornographique mais qui sont tombés sur des photos qui les ont dégoûtés. Ils sentent alors qu'il faut dénoncer cette pratique mais ne savent pas comment s'y prendre. Nous agissons donc comme des intermédiaires : puisqu'en France il est interdit de traquer les pédophiles et de jouer au justicier - les fichiers d'ordinateurs n'étant pas considérés comme des preuves tangibles - nous renvoyons la plainte vers un commissariat qui blacklistera aussitôt le site criminel et fera le nécessaire pour confondre les coupables."
L'obstacle le plus important à l'heure actuelle reste la non-coopération des hébergeurs : "en Belgique, les FAI signent un contrat avec les autorités dans lequel il est stipulé qu'un site contenant des photos pédophiles dépisté par la police, doit aussitôt être débouté par son hébergeur. Dans d'autres pays ce n'est pas le cas : " Mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras. Nous sommes de plus en plus présents sur la toile dans l'ensemble, les internautes coopèrent".

Webreport.fr

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