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l
est de bon ton aujourd'hui de critiquer le retard des petits
Français dans le domaine de l'informatique et du
multimédia
L'e-learning n'échappe pas
à ce poncif et on accuse la France d'être moins
ambitieuse que ses rivales d'outre-atlantique. Mais la différence
de culture ne joue-t-elle pas ici un rôle essentiel
?
Faux
problèmes
Rappelons d'abord les chiffres : l'e-learning à la
sauce américaine annonçait un chiffre d'affaires
prévisionnel de 1,7 milliards de dollars pour l'année
2000. Au Canada (à Kelowna, Colombie-Britannique),
pionnier dans ce domaine, s'est même ouvert un campus
international de e-commerce véritable école
virtuelle.
Mais en France, le "e" magique fait moins d'émules.
Pour la plupart des organismes de formation (en dehors de
ceux qui se consacrent à la formation à distance)
l'association CD-ROM/télétutorat ne représente
qu'1 % du chiffre d'affaires. Et l'on se sent un peu ridicule
d'annoncer 5 % pour l'an 2001 ! Avec nos 17 % de connectés
dans le pays, on voit mal comment un boum de l'e-learning
serait possible !
Erreur ! Car ce qu'on considère comme un obstacle
majeur au développement des solutions e-learning,
la différence de culture, n'en est pas forcément
un.
D'abord, on a tendance à confondre téléformation
et autoformation. Or ça n'a rien à voir :
l'e-learning est bien une formation à distance mais
ce n'est pas un cours par correspondance ou l'élève
n'aurait aucun contact avec son tuteur. L'interactivité
du net permet au contraire un échange nourri entre
l'examinateur et l'apprenant qui voit toutes les techniques
multimédia mises à sa disposition (webcam,
streaming
).
Par ailleurs, contrairement à l'employé américain,
le Français prend rarement en charge son évolution
au sein de l'entreprise, il a tendance à croire qu'une
formation prise sur son temps de travail habituel est une
obligation scolaire dont il peut se passer. Les apprenants
français veulent donc davantage d'e-teaching que
d'e-learning (la différence est de taille : "to
teach" signifie enseigner, "to learn", apprendre
!)
Contre
attaque
La réponse des fournisseurs français aux prestataires
américains qui veulent envahir le marché européen
de la téléformation est donc toute trouvée
: proposer un e-learning à la française en
axant nos efforts sur des contenus et des services typiquement
frenchies.
Conséquence : chez nous on mise sur les portails
multiservices davantage que sur les plateformes. Où
est la différence ? Dans la qualité du service
: la plateforme ne fournit pas de contenu spécifique,
elle permet seulement d'accueillir une base de données
déjà détenue par l'entreprise. En revanche,
des portails tels que Studi.com
ou Onlineformapro
sont plus accessibles aux PME, souvent plus conviviaux même
s'ils délivrent des formations plus courantes, plus
"bateau"
Dans un premier temps, ces solutions sont idéales,
mais l'effort doit rapidement se porter sur le contenu :
on doit avant tout cerner les besoins de l'apprenant et
mettre en place un système efficace d'évaluation
qui ne le cède en rien à la souplesse d'utilisation
et à l'évolutivité du produit (c'est
en cela que les bases ASP sont utiles !).
Ce qui est certain, c'est que, dans un proche avenir, l'offre
française n'aura rien à envier aux prestations
américaines ; à preuve, la diversité
qui existe déjà sur le marché européen
et qui propose des produits d'entrée de gamme totalement
gratuits.
Peut mieux faire, donc et surtout, va mieux faire !
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