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ous
n'avez pas entendu parler du e-learning, mais ça ne saurait
tarder ! Le terme est américain. En VF, il signifie tout
simplement "formation en ligne". Finies les heures assommantes
à se creuser la cervelle sur des pavés dans le style
"mon Word sans stress" ou "l'Anglais en 12 000
leçons" , exit les cd-roms qui mangent la moitié
de votre RAM : il vous suffit maintenant de posséder un
ordinateur connecté à Internet ou à un réseau
et d'un peu de volonté. La vraie révolution, c'est
que tout se fait online !
Comment ça se passe ?
L'apprenant - autrement dit l'élève - (on n'abandonne
pas un système éducatif sans refondre au passage
le langage institué
) a désormais le choix
de ses cours et des heures d'apprentissage. Il navigue à
son rythme sur les modules optionnels qui s'affichent à
l'écran. Si l'ordinateur est équipé de haut-parleurs,
c'est encore mieux : l'élève peut se connecter sur
des forums de discussion (l'équivalent de la "clope"
après le cours), ou chater avec son tuteur à propos
de la dernière correction qui lui est parvenue par mail.
Le e-learning fonctionne essentiellement sur ce que l'on appelle
la communication asynchrone (médiation entre les tuteurs
et les apprenants) en comparaison avec la communication synchrone
(quand les deux partis se rencontrent "réellement"
devant un tableau blanc ou lors d'une visioconférence).
Bref, ce qui paraissait une utopie au yeux des profs "traditionnels"
- un suivi personnalisé pour chaque élève
- est en passe de devenir une réalité dans les NTIC.
Du côté des formateurs, le e-learning fait également
figure de petite révolution : pas de surcharge de travail,
pas de "coup de bourre", les efforts sont répartis
sur la longueur et rien n'empêche le tuteur de retoucher
un devoir à trois heures du matin ou d'y apporter un commentaire
supplémentaire. Les corrections y gagnent en profondeur
et en objectivité.
On ne s'enflamme pas
Selon une étude Arthur Andersen effectuée cette
année, l'e-learning représente déjà
60 % du budget formation dans les entreprises américaines.
Les vertus du e-learning convainquent les étudiants comme
les chefs d'entreprises qui y voient un moyen de former leurs
employés en économisant les frais de délocalisation.
En France, l'engouement est moindre et tout, ou quasiment, reste
à faire même si les chiffres les plus optimistes
prévoient une multiplication par huit de ce marché
en pleine expansion.
"Il
faut comprendre que certains contenus de cours n'ont pas grand
intérêt à figurer sur la toile" analyse
Hervé Perrin, chargé de communication au centre
du CNED (Centre
National d'Enseignement à Distance). "Les contenus
de notre formation à la recherche d'informations sur Internet
ou multimédia sont entièrement en ligne, mais on
voit mal l'utilité d'un cours de grammaire sur écran
pour les classes de 4è ou 5è
Ce serait tout
aussi rébarbatif ! Pour l'instant, dans les matières
générales on se contente de quelques exercices en
ligne, comme complément d'un cours plus classique. Ce qui
marche, ce sont les cours en bureautique ou en comptabilité-gestion
destinés aux entreprises : c'est plus pratique que les
visioconférences et moins coûteux que les versions
papier. Cependant, les patrons français n'ont pas encore
le déclic "e-learning" : sur 400 000 formés
au CNED, seulement 35000 ont participé aux cours en entreprises."
Cette frilosité peut s'expliquer. Certains cours gratuits
envahissent la toile et affichent les mots "e-learning"
à l'envi, comme si c'était déjà un
label de qualité. Or, les pages persos voisinent encore
avec les grosses pointures d'Outre-Atlantique. Le concept est
nouveau et il faut un peu de temps pour qu'on puisse apprendre
à choisir entre un bon ou un mauvais cours
et surtout,
il faut que les connexions se démocratisent. Ce n'est pas
encore gagné !
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