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"L'argent
du net et l'esprit communautaire peuvent-ils faire bon m�nage
?"
Jean Lançon - 27/03/99
ur
le grand ring de l'Internet s'affrontent deux adversaires: d'un
c�t� les d�fenseurs d'un Internet communautaire, espace d'expression
libre, et de l'autre les acteurs d'un r�seau empreint de marketing
et de logique financi�re. Le compromis est-il possible ? Force
est de constater que l'Internet ne peut exister sans moyens techniques,
et que ces moyens techniques ne peuvent exister sans ressources
financi�res.
A
t-on besoin d'un Internet public ?
Cet
argent, nerf de la guerre et, quoi qu'on puisse en penser, moteur
de l'Internet, peut sch�matiquement provenir de deux types de
sources potentielles: publiques (�tat, collectivit�s locales,
entreprises publiques ou semi-publiques) ou priv�es (entreprises
principalement).
Un Internet de ressources publiques signifierait que chaque citoyen,
connect� ou non, paierait indirectement une redevance destin�e
au fonctionnement du r�seau. Comme si l'on devait payer une redevance
TV alors qu'on ne poss�de pas de t�l�viseur chez soi. Le m�me
Internet public pourrait fort bien impliquer un contr�le sur le
contenu et donc une censure qui vous interdirait, par exemple,
d'exprimer votre opinion sur un op�rateur public de t�l�communications.
Un Internet public et faussement gratuit pourrait donc �tre un
regrettable croche-pied � certains de nos droits les plus essentiels.
A ce jour, l'Internet est pour l'essentiel financ� par des entreprises
priv�es. Certaines entretiennent via le Web leur image de marque,
d'autres y vendent des produits ou des services, d'autres encore
fournissent des services gratuits financ�s par des banni�res publicitaires
ou par des programmes d'affiliation. Les pages des particuliers,
quant � elles, sont prises en charge (au sens financier) par des
entreprises entrant dans cette derni�re cat�gorie.
Le
"gratuit" rentable
Avec
plus de 130.000 membres actifs, Multimania est devenu la premi�re
communaut� virtuelle de France. Chaque membre dispose de moyens
techniques appropri�s pour h�berger gratuitement son site Web,
dialoguer avec les autres membres de la communaut�, et figurer
en bonne place dans l'annuaire th�matique des sites de Multimania.
Pour la fourniture d'un tel service � un nombre si important de
membres, un capital de 10 millions de francs lourds (un milliard
de centimes) a �t� n�cessaire.
Quand on sait qu'en moyenne l'affichage d'une banni�re rapporte
tout au plus 15 centimes au support publicitaire, il est facile
de comprendre que l'investissement initial ne se rentabilise pas
du jour au lendemain.
Il faudra donc que Multimania (et ses confr�res) attendent des
jours meilleurs o� la publicit� en ligne sera autant int�gr�e
dans les m�urs qu'elle est dans la presse ou � la t�l�vision,
et que le commerce �lectronique, dont le grand boom fran�ais est
attendu depuis si longtemps, permette � ses acteurs d'atteindre
leur seuil de cyber-rentabilit�.
Mais quelque chose cloche dans cette logique, car l'explosion
du commerce �lectronique suivra celle du nombre de personnes connect�es
au R�seau.
Et les moyens d�ploy�s par Multimania devront donc eux aussi �voluer,
car les 360.000 membres d'aujourd'hui, demain seront 500.000,
1.000.000... combien en fait ?
Des
services gratuits pour qui exactement ?
Il
semblerait que les entreprises fran�aises, bien qu'elles ne soient
pas encore pr�tes � investir des budgets trop importants, aient
compris que leur entr�e dans le cyberespace ne se ferait pas �
moindre frais.
Mais en revanche, en proposant des services gratuits aux particuliers,
elles leur offriront de belles d�monstrations de leur savoir-faire...
Parmi lesdits particuliers se trouvent des chefs d'entreprises,
des d�cideurs en puissance !
Toutefois, et cette remarque concerne plus particuli�rement la
France, il sera n�cessaire que les particuliers (agissant en tant
que tels sur le R�seau) apprennent � "s'auto-discipliner " par
rapport � la gratuit� des milliers de services qui leur seront
offerts : d'abord l'appr�cier, ensuite ne pas en abuser, et enfin
ne pas la placer au premier rang des priorit�s.
Jean
Lan�on,
http://www.mjpresse.com
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