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Internet a résolument changé certaines habitudes de travail et sans
aucun doute facilité ce dernier, l'utilisation de ce nouveau média
a également apporté son cortège de soucis aux chefs d'entreprises.
Récemment, une employée anglaise a attaqué en justice son
ex-employeur qui l'avait licencié pour usage d'Internet à des fins
personnelles. Cet exemple, qui s'est depuis reproduit en France, illustre bien
l'importance pour les entreprises de définir une politique claire portant
sur la sécurité et l'utilisation d'Internet.
Un débat
organisé la semaine dernière par Content Technologies regroupait
un Directeur des Ressources Humaines, un Directeur Informatique, un Avocat spécialisé
Droit des Nouvelles Technologies et un cadre d'entreprise. Ainsi chaque partie
a pu défendre son point de vue et exposer les conditions dans lesquelles
elle envisage l'utilisation d'Internet au sein de l'entreprise.
Le point de vue
du droit : pas de jurisprudence sur interne
D'après
Isabelle Gavanon, Avocat spécialisé dans le Droit des Nouvelles
Technologies au Cabinet Ginestié Paley-Vincent & Associés, il
n'existe pas encore, à sa connaissance, de jurisprudence en France concernant
des sanctions professionnelles prises en raison d'une utilisation abusive d'Internet.
Les emails
des salariés d'une entreprise ne peuvent pas être vérifiés
sans information préalable claire et précise des salariés
et du comité d'entreprise. A défaut d'une information préalable
des salariés sur l'existence d'un contrôle de l'employeur, de nature
le cas échéant à permettre une prise de connaissance du contenu
des informations échangées, l'employeur ne pourra pas se servir
de ces éléments en cas de litige civil. De plus, I. Gavanon rappelle
que d'après l'article L120-2 du code du droit du travail "un contrôle
oui, s'il est nécessaire et proportionnel au but recherché".
Le respect
de la correspondance privée reste un élément clé pour
identifier le droit de regard sur les emails des salariés. Il est à
cet égard plus sur pour les salariés de qualifier leurs emails personnel
de " confidentiels ". Mais toute l'ambiguïté du droit nous
rappelle que malgré cette relative protection des salariés, l'utilisation
à des fins personnelles de matériels à usage professionnel
est interdite.
Le point de vue
des Ressources Humaines : dialogue avec les représentants des salariés
Richard
Folliot, DRH de Completel, réagit à cette ambiguïté
et au manque de clarté que peux offrir pour l'instant le droit en matière
d'utilisation d'internet en lâchant un mot d'ordre : "négociation
et information".
En effet,
il est important pour la mise en place d'une charte d'utilisation d'internet au
bureau d'ouvrir une concertation avec les représentants des salariés,
organisations syndicales et comité d'entreprise. "Il est plus juste
de baser la charte sur des habitudes de comportement que sur des interdits"
a déclaré Richard Folliot. La souplesse semble donc le leitmotiv
car au vu de l'étendu des application internet, on ne peut pas tout écrire
et définir dans un règlement intérieur.
Le point de vue
de l'Informatique : responsabilité et adresse IP
Alain
Guédot, Responsable Informatique de la Banque d'Escompte rappelle, à
juste titre, que ce n'est jamais le salarié qui surfe sur Internet mais
son entreprise. Magie de l'informatique oblige, l'adresse IP de l'entreprise est
commune à tous les salariés et c'est à peu près la
seule trace qui reste sur les sites visités. Ainsi, cela peut nuire à
la sécurité de systèmes d'information ou à l'image
de la société.
Le rôle
de tout bon DSI reste cependant "d'assurer le bon fonctionnement informatique
à la plus haute capacité possible mais ce n'est pas de jouer la
pointeuse des temps modernes". Plus simplement, ce n'est pas le DSI qui doit
fixer les règles d'utilisation ou le temps imparti à chacun pour
surfer sur internet mais il est nécessaire de le faire pour éviter,
entre autres, l'engorgement de la bande passante.
D'autre
part, les emails jugés fiables (signé numériquement ou authentifié)
sont considérés juridiquement au même titre qu'une lettre
écrite. Un salarié qui envoie des informations confidentielles ou
des insultes par mail peut donc engager son entreprise dans des poursuites judiciaires
importantes.
Le point de vue
des salariés : la découverte d'un nouvel outil
Internet
est un nouvel outil. En tant que tel, il semble normal du point de vue d'un salarié
de disposer de temps pour découvrir les rouages du réseau mondial,
une sorte de auto-formation des temps modernes. Le commencement de l'abus semble
tout de même difficile à qualifier, tant qu'Internet ne rime pas
avec perte de productivité. Les salariés attendent un dialogue avec
les décideurs, de la souplesse et de l'information. "L'utilisation
du téléphone professionnel à des fins personnelles est rentré
dans les moeurs dans les entreprises, Internet devrait pouvoir trouver sa place
comme nouveau moyen de communication".
Extraits d'un d�bat, organis� par Content Technologies, regroupant un Directeur
des Ressources Humaines, un Directeur Informatique, un Avocat et un cadre d'entreprise.
Florent GUIBERT
Consultant
Tam Tam Conseil
[email protected]
+33.1.46.02.59..59
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